

Crédit Photo : TF1/LCI
Séance au Sénat
Olivier LEVARD - le 18/11/2008 - 19h07
Mis à jour le 18/11/2008 - 20h55

Malgré la polémique, le Sénat va dans le même sens que l'Assemblée. Les salariés du privé qui le souhaitent pourront, à partir de 2010, prendre leur retraite à 70 ans en France. Après un long débat, les sénateurs, qui poursuivaient mardi l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, ont entériné par un vote à main levée l'amendement UMP qui avait été introduit en ce sens à l'Assemblée nationale.
Cet amendement laisse "la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années". L'opposition - PS, PC et Verts - a vivement critiqué cette mesure et a voté contre, fustigeant "une atteinte au droit à la retraite" sur la base d'un "pseudo volontariat".
Cette mesure a été votée dans le cadre du plan relatif à l'emploi des seniors. Le gouvernement souligne que le taux d'emploi des seniors en France est aujourd'hui un des plus faibles d'Europe. Le Sénat avait entériné dans la nuit de lundi à mardi plusieurs amendements qui offrent la possibilité aux personnels navigants - pilotes, hôtesses et stewards - de travailler plus longtemps s'ils le souhaitent.
Pour Chérèque, "un conflit type CPE"
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque avait estimé plus tôt que le gouvernement "joue avec le feu" en recourant de plus en plus à des textes d'origine parlementaire ou des amendements pour adopter des mesures sociales importantes, dans un entretien au Monde daté de mercredi.
"Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est la façon de faire du gouvernement: pour réformer le droit du travail, il passe de plus en plus par des textes d'origine parlementaire ou par des amendements. Cela lui permet de court-circuiter les syndicats", y déclare le syndicaliste. "C'est ce qu'il a fait sur le départ à la retraite à 70 ans et c'est ce qu'il fait sur le travail le dimanche", poursuit-il, en expliquant "qu'à la différence du gouvernement, les parlementaires ne sont pas tenus de proposer aux partenaires sociaux d'ouvrir une négociation avant toute décision".
"En procédant ainsi, il joue avec le feu. Un jour, il va se réveiller avec un conflit type CPE", prévient le leader syndical en référence au Contrat première embauche, que Dominique de Villepin avait créé sans concertation, avant de le retirer quelques mois plus tard sous la pression de la rue. Interrogé sur la situation au PS, François Chérèque s'inquiète de "l'absence d'opposition structurée", qui "entraîne une hypertrophie du pouvoir et une absence de démocratie". Selon lui, cela aboutit à "faire peser sur les épaules des syndicats une responsabilité qui n'est pas la leur".
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